fr
Illustration created by MS Co-Pilot from a prompt by Bjorn Ulfsson.
03 Aug 2026

Un institut de recherche suédois démystifie les idées reçues sur l'ampleur de la saison des feux de forêt en Europe en 2026

fr

Un graphique largement diffusé comparant les saisons des feux de forêt en Europe donne une image trompeuse de la crise actuelle, selon des analystes spécialisés dans les incendies et des experts en météorologie cités par la chaîne suédoise SVT. 

Ce graphique, qui présente la superficie totale brûlée par an, suggère que la saison 2026 a été relativement modérée — une conclusion que les experts jugent erronée et potentiellement dangereuse.

Les chercheurs de RISE soulignent que les statistiques sur les superficies brûlées ne reflètent plus la gravité des feux de forêt actuels. Alors que les saisons précédentes étaient marquées par quelques incendies gigantesques qui duraient des semaines, ces dernières années ont vu se multiplier les incendies de grande ampleur, se propageant rapidement et d’une intensité élevée, qui sont certes maîtrisés rapidement mais continuent de menacer les populations, les infrastructures et les vies humaines.

Des spécialistes des incendies ont déclaré à SVT que l’Europe connaît davantage de départs de feu, d’évacuations et de journées à haut risque que lors des décennies précédentes, même les années où la superficie totale brûlée est moindre. Ils avertissent que les conditions climatiques — notamment les vagues de chaleur répétées, la sécheresse et les vents violents — ont rendu les incendies plus destructeurs et plus difficiles à maîtriser, quel que soit le nombre d’hectares finalement brûlés.

Les météorologues soulignent également que plusieurs pays ont modifié leur méthode de comptabilisation des surfaces brûlées, ce qui rend les comparaisons d’une année sur l’autre peu fiables. Selon eux, le graphique ne rend pas compte de l’augmentation du nombre d’incidents critiques, de décès et d’accidents évités de justesse dans toute l’Europe du Sud.

Les responsables avertissent que se fier aux chiffres globaux des surfaces brûlées risque de sous-estimer la menace que représente la saison 2026, qui a déjà donné lieu à des incendies majeurs en Espagne, en Grèce, en Italie et en France. Les responsables de la lutte contre les incendies décrivent les conditions actuelles comme « plus dangereuses que jamais », malgré ce que le graphique semble indiquer.

 

Tendance mondiale : les feux de forêt sont en recul

Malgré le réchauffement climatique, tant le nombre de feux de forêt que la superficie totale brûlée sont en baisse à l’échelle mondiale, selon Johan Sjöström, chercheur spécialisé dans les feux de forêt à l’institut de recherche suédois RISE.

« Cela s’explique par le fait que les plus grandes zones qui brûlent dans le monde sont les savanes d’Afrique et d’Amérique du Sud. Ces feux sont souvent allumés intentionnellement pour améliorer les pâturages et les terres agricoles. Ces pratiques sont désormais moins courantes », explique-t-il.

 

Illustration créée par MS Co-Pilot à partir d’une consigne de Bjorn Ulfsson. 

 

Pour en savoir plus : 

https://www.carbonbrief.org/factcheck-no-europe-is-not-having-its-quietest-year-for-wildfires

https://forest-fire.emergency.copernicus.eu/apps/effis.statistics/estimates

https://www.theguardian.com/world/2026/jul/30/fire-weather-eu-wildfires-data

https://hannahritchie.substack.com/p/europe-wildfires-2026

https://joint-research-centre.ec.europa.eu/jrc-news-and-updates/2025-was-eus-most-destructive-wildfire-season-record-2026-03-31_en

 

 

Le changement climatique n’est pas le seul facteur

Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) des Nations unies, le changement climatique devrait accroître le risque et la gravité des feux de forêt dans des écosystèmes tels que les forêts tropicales humides.

Dans la zone boréale, qui couvre la majeure partie de la Suède, les feux de forêt ont gagné en ampleur et en fréquence, et pourraient encore s’intensifier dans un climat plus chaud, indique le GIEC.

« Mais le changement climatique n’est jamais le seul facteur déterminant de l’étendue des incendies. La manière dont nous utilisons les terres, dont nous allumons les feux et dont nous les éteignons sont également des facteurs très déterminants », explique Johan Sjöström.